Guide complet pour comprendre le fonctionnement des hypothèques en Suisse : principes, conditions et étapes clés pour financer votre bien immobilier.
Une hypothèque est un prêt destiné à financer l'achat (ou la construction) d'un bien immobilier, garanti par ce même bien. La garantie prend la forme d'une cédule hypothécaire inscrite au registre foncier : si l'emprunteur ne rembourse plus, le prêteur peut faire vendre le bien pour récupérer sa créance.
En Suisse, le prêteur peut être une banque, une assurance ou une caisse de pension. Les exigences minimales (fonds propres, amortissement) découlent des directives de l'Association suisse des banquiers, reconnues par la FINMA comme standard minimal.
Particularité suisse : beaucoup de propriétaires ne remboursent jamais entièrement leur hypothèque. Seule la part au-delà d'environ deux tiers de la valeur du bien doit obligatoirement être amortie. Les termes techniques sont expliqués dans notre glossaire.
Au moins 20% du prix, ou de la valeur retenue par la banque si elle est plus basse. Au moins 10% doivent être des fonds propres « durs » : épargne, 3e pilier, titres, donation ou avance d'hoirie. Le reste peut venir du 2e pilier.
Les charges théoriques du logement ne doivent pas dépasser environ 33% du revenu brut du ménage. C'est le critère qui bloque le plus de dossiers (détail juste en dessous).
Revenus stables (idéalement hors période d'essai, ou 2 à 3 exercices pour un indépendant), pas de poursuites. Les crédits et leasings en cours sont pris en compte dans le calcul.
La banque ne fait pas le calcul avec le taux que vous paierez, mais avec un taux théorique d'environ 5%, bien plus élevé. Elle vérifie ainsi que vous pourriez encore payer si les taux remontaient. Trois postes sont additionnés, et leur total ne doit pas dépasser un tiers de votre revenu brut.
Les CHF 60'000 de charges doivent tenir dans un tiers du revenu brut annuel.
Revenu brut minimum ≈ CHF 182'000 par an
60'000 ÷ 33%. À prévoir en plus : les frais d'achat, de quelques milliers de francs (Zurich, Zoug) à environ CHF 50'000 (Vaud), payés en fonds propres.
Les CHF 60'000 sont un test de résistance, pas votre facture.
Taux illustratif : 12'000 d'intérêts, 10'000 d'amortissement et 10'000 d'entretien par an, soit environ CHF 32'000. Voir les taux du jour
Certains prêteurs acceptent un peu plus que 33% pour un dossier très solide ; d'autres sont plus stricts sur les leasings et crédits en cours. C'est l'une des raisons pour lesquelles un même dossier peut être refusé par une banque et accepté par une autre.
Paramètres indicatifs : le taux théorique (4,5 à 5%), le taux d'entretien (0,7 à 1%) et le seuil du 1er rang (65% ou deux tiers) varient selon le prêteur.
| Prix du bien | Hypothèque (80%) | Charges / an | Revenu brut minimum / an |
|---|---|---|---|
| CHF 600'000 | 480'000 | 36'000 | ≈ 109'000 |
| CHF 800'000 | 640'000 | 48'000 | ≈ 145'000 |
| CHF 1'000'000 | 800'000 | 60'000 | ≈ 182'000 |
| CHF 1'200'000 | 960'000 | 72'000 | ≈ 218'000 |
| CHF 1'500'000 | 1'200'000 | 90'000 | ≈ 273'000 |
Repère rapide : avec 20% de fonds propres, le revenu brut nécessaire vaut environ 18% du prix du bien. Avec 30% de fonds propres, un bien à CHF 1 million demande un revenu d'environ CHF 146'000.
Le prix du bien se découpe toujours de la même façon. Seule la part de la banque au-delà d'environ deux tiers doit obligatoirement être remboursée.
Vous remboursez le prêteur chaque année. La dette baisse, et les intérêts avec elle.
Vous versez sur un 3e pilier mis en gage en faveur du prêteur. La dette reste stable, puis l'avoir 3a la rembourse en une fois. Jusqu'à fin 2028, ce montage cumule deux déductions fiscales : les intérêts et les versements 3a.
Dès 2029, la déduction des intérêts hypothécaires disparaît pour la plupart des propriétaires, et l'avantage de l'amortissement indirect se réduit d'autant. Voir la suppression de la valeur locative.
Les frais d'achat : la mauvaise surprise n°1
Les frais d'acquisition ne peuvent pas être financés par l'hypothèque. Ils se paient en fonds propres, en plus des 20%. Ils comprennent :
Les montants et règles cités sont indicatifs (état : octobre 2026) et varient selon le prêteur et le canton. Ils ne remplacent pas un conseil personnalisé.